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25.02.2009
Une équipe, la main sur le cœur
L’antenne lyonnaise a été montée par une équipe médicale volontaire
Au départ, le docteur Roland Hénaine n’imaginait pas qu’il se lancerait dans l’aventure. Mais il aura fallu qu’il croise la route du Professeur Leca, pour un jour exaucer son souhait de créer un trait d’union entre la haute technicité de la chirurgie cardiaque pédiatrique et les pays en voie de développement.
Il y a une sorte de défi personnel dans ce travail qui consiste à redonner une chance à des enfants de moins de cinq ans, pas toujours atteints des plus grosses pathologies. Mais qui, dans leur pays, ne survivraient pas longtemps....
Les liens qui se nouent entre Mécénat Chirurgie Cardiaque et l’hôpital cardiologique Louis Pradel se formalisent en janvier 2007, date de la première intervention d’un enfant via l’Association. Cela coïncide avec la saturation des centres de la région parisienne avec lesquels travaille l’association. Trouver d’autres débouchés pour continuer d’opérer devient urgent. Ce sera naturellement Lyon, le 3e centre spécialisé français après Necker et Marie Lannelongue.Depuis, 27 enfants sont passés par les blocs opératoires lyonnais. « Nous sélectionnons des pathologies guérissables, des problèmes que l’on peut réparer, explique le Dr Hénaine. Notre but est de rétablir une anatomie cardiaque normale. » Les cas qui passent entre les mains du médecin et de l’équipe médicale ne sont pas forcément les plus complexes. Mais ce sont des cas dont on sait qu’ils ne poseront pas de difficultés de suivi une fois l’enfant rentré chez lui, dans des conditions qui, malheureusement, ne sont pas optimales. Communication interventriculaire, tétralogie de Fallot (l’une des maladies bleues), canal artériel perméable : en un rien de temps, un enfant né en France serait soigné avant de souffler sa première bougie. S’agissant des enfants qui arrivent via l’association, les complications s’invitent à une fréquence élevée. « Il y a des risques respiratoires plus importants, un contexte de dénutrition qui fragilise aussi l’enfant », rappelle le docteur Sylvie Di Filippo, cardiopédiatre. « Du coup, les dossiers sont vite lourds. D’où la nécessité d’une structure experte. »
Portrait
Libanais d’origine, le docteur et chirurgien cardiaque Roland Hénaine connaît les difficultés qu’une population peut rencontrer avant d’accéder aux soins. « La chirurgie cardiaque pédiatrique est une spécialité restreinte, peu de médecins savent soigner les pathologies infantiles. Être docteur-référent pour Mécénat Chirurgie Cardiaque est pour moi un véritable trait d’union entre mes origines et mon métier. J’ai eu la chance d’étudier et de devenir docteur. Aujourd’hui, je veux en faire profiter des enfants de pays en voie de développement » explique-t-il. Et pour lui, chaque petit patient représente une masse de souvenirs. « En septembre 2008, nous avons opéré un enfant venu de Brazzaville (Congo), quatre jours après l’opération, elle était mourante, mais pendant 40 jours l’équipe s’est battue comme un lion pour elle. La vie a triomphé » termine le docteur.
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